FAQ — Système Odontoscope®

Comprendre le système Odontoscope®

Vos questions, nos réponses

Le système Odontoscope® associe :

  • un miroir intra-oral avec écarteur, qui standardise l'observation et la prise de photos de la cavité buccale,
  • un support qui standardise la prise de photos des prothèses dentaires pour leur évaluation et leur identification,
  • et une application qui intègre ces photographies pour structurer l'évaluation, la téléexpertise et le suivi de la santé orale.
1 Pourquoi demander au personnel de soins d'évaluer la santé orale, alors qu'un bilan par le dentiste est désormais prévu à l'admission ?

Depuis le 1er janvier 2025, la convention dentaire 2023-2028 instaure en France un bilan bucco-dentaire spécifique à l'entrée en EHPAD et ESMS, codifié BDE dans la nomenclature. Cet acte, réalisé par un chirurgien-dentiste et pris en charge par la Sécurité sociale à hauteur de 40 €, doit intervenir dans les douze mois suivant l'admission. Il relève de la compétence exclusive du dentiste : Odontoscope® ne s'y substitue pas et ne le peut pas. Le diagnostic dentaire et la décision thérapeutique restent de sa compétence.

Deux réalités doivent cependant être considérées.

La première est pratique. Le nombre de chirurgiens-dentistes acceptant de se déplacer en EHPAD reste limité au regard des besoins. Dans une part importante des cas, le bilan à l'admission ne pourra pas avoir lieu dans les jours qui suivent l'entrée du résident — parfois pas avant plusieurs mois, parfois pas du tout dans le délai des douze mois prévu par la convention. L'obligation existe ; les moyens de l'appliquer, sur l'ensemble du territoire et dans un délai raisonnable, restent à construire.

La seconde est clinique. Pendant ce délai — et entre deux passages du dentiste, une fois le bilan initial réalisé — la personne est prise en charge quotidiennement par le personnel de soins. C'est ce personnel qui est au contact du résident, qui peut repérer une modification, une plainte, un signe d'appel. Il ne lui est pas demandé de poser un diagnostic dentaire, mais d'observer et d'évaluer à partir de critères structurés.

C'est cet espace qu'Odontoscope® occupe. Dès l'admission, le personnel de soins peut réaliser une évaluation observationnelle structurée, selon des grilles reconnues comme l'OHAT — recommandée par plusieurs ARS et intégrée à leurs boîtes à outils destinées aux ESMS. L'évaluation est immédiate, sans attente, et documentée par des photos. Elle assure trois fonctions : elle constitue la référence de départ pour le suivi ultérieur ; elle permet, via la téléexpertise, d'identifier ce qui relève d'une prise en charge urgente ; et elle prépare l'intervention du chirurgien-dentiste lorsque celui-ci pourra se déplacer, en lui remettant un dossier déjà constitué — ce qui rentabilise son déplacement et améliore la précision de son bilan.

Odontoscope® ne remplace donc pas le bilan du chirurgien-dentiste : il rend possible la continuité de l'évaluation et du suivi entre l'admission et l'intervention effective du praticien, dans un système qui, en pratique, peine encore à assurer cette intervention rapidement.

2 Pourquoi faut-il un dispositif pour regarder dans la bouche ?

Une grille d'évaluation comme l'OHAT indique ce qu'il faut observer, mais ne résout pas la difficulté pratique de l'observation. Chez une personne dépendante, écarter les lèvres et les joues, éclairer correctement et voir certaines zones de la cavité buccale peut être difficile — et un smartphone seul ne suffit pas à photographier des zones qui restent hors de la vision directe. Le dispositif répond à cette limite par deux fonctions combinées : l'écarteur libère le champ en écartant les lèvres et les joues, et le miroir modifie l'axe de vision pour rendre accessibles au smartphone des zones qui, sinon, ne pourraient pas être photographiées.

La photographie, ainsi rendue possible, permet de documenter ce qui a été observé. Elle facilite la comparaison avec une évaluation antérieure, la transmission d'informations entre professionnels et, lorsque nécessaire, la téléexpertise. L'objectif n'est donc pas de « prendre des photos de la bouche », mais d'associer une documentation visuelle à l'évaluation. Pour être utile, une photographie doit pouvoir être retrouvée, comprise et comparée. Le miroir avec écarteur standardise la prise de photos de la cavité buccale ; le support standardise celle des prothèses dentaires. Cette standardisation limite les variations liées à la manière dont chaque soignant réalise les photographies et facilite leur comparaison dans le temps. La prothèse amovible, en particulier, fait pleinement partie de la situation orale du résident : les mêmes photos prises sur le support permettent de documenter son état, de la mettre en relation avec la configuration de la bouche — particulièrement pour une prothèse partielle — et de l'identifier lorsqu'elle est retrouvée sans savoir à qui elle appartient.

3 Quel rôle joue la téléexpertise, et que devient la personne après ?

La téléexpertise n'est pas la finalité de chaque évaluation. Elle intervient lorsqu'un élément observé nécessite l'avis d'un chirurgien-dentiste. Le système permet ainsi au personnel de soins d'assurer l'évaluation et le suivi, tout en donnant accès à une expertise dentaire lorsque celle-ci est nécessaire. Le compte rendu de téléexpertise, accompagné de la documentation photographique standardisée, peut être transmis au chirurgien-dentiste traitant du résident, à un service hospitalier ou à un dispositif de soins de proximité selon la situation clinique et l'offre disponible sur le territoire. Le professionnel qui reçoit l'information dispose ainsi d'un dossier exploitable avant même la première consultation, ce qui facilite le relais et évite les consultations d'orientation. Odontoscope® ne se substitue pas au parcours de soins : il structure le moment où le besoin est identifié et documenté, ce qui est la condition préalable pour que ce parcours puisse s'engager.

4 Et si le résident a besoin d'un soin chez le dentiste, que se passe-t-il ?

Odontoscope® n'organise pas les soins dentaires eux-mêmes : le soin relève du chirurgien-dentiste, en cabinet de ville, en service hospitalier ou dans le cadre d'un dispositif de soins mobile. Ce que fait Odontoscope® à ce moment-là est différent, et complémentaire : préparer le terrain pour que le soin ait effectivement lieu, dans les meilleures conditions possibles.

Un dossier prêt à l'emploi. Le chirurgien-dentiste qui prendra en charge le résident dispose de la documentation photographique standardisée, de l'historique des évaluations et de l'avis rendu en téléexpertise. Il n'a pas besoin d'une consultation d'orientation pour évaluer la situation : il peut planifier son intervention à partir d'un dossier déjà exploitable. Cela réduit le nombre de déplacements — souvent difficiles pour la personne — et le délai entre l'identification du besoin et le soin.

Une priorisation clinique. L'avis de téléexpertise indique le degré d'urgence et le type de soin nécessaire. L'institution sait ainsi ce qui relève d'une urgence, ce qui peut attendre une échéance planifiée, et ce qui peut être organisé lors d'une prochaine consultation programmée.

Un relais adapté à l'offre locale. Le compte rendu peut être adressé au dentiste traitant du résident lorsqu'il en a un, à un cabinet référent avec lequel l'établissement travaille déjà, à un service hospitalier de proximité, ou à un dispositif de soins mobile intervenant dans la région. Odontoscope® ne crée pas de dépendance à un canal unique : il rend le relais possible vers les ressources déjà en place.

5 Le système est-il utilisable chez les personnes très âgées ou présentant des troubles cognitifs ?

Il a été conçu spécifiquement pour cette population, chez laquelle l'observation de la bouche est le plus souvent difficile. L'écarteur souple en silicone et la brièveté de la procédure — quelques secondes suffisent à réaliser les prises de vue essentielles — rendent l'examen tolérable chez la plupart des résidents. L'application permet par ailleurs de qualifier une observation comme non évaluable sans la disqualifier : cette catégorie fait partie intégrante du cadre décisionnel et invite à une nouvelle tentative dans de meilleures conditions. Chez certaines personnes très peu coopérantes, l'évaluation pourra néanmoins rester incomplète ; le dispositif ne doit jamais conduire à forcer un examen refusé ou mal toléré. Si un soin dentaire est nécessaire, le dentiste rencontrera les mêmes difficultés opératoires : l'évaluation Odontoscope® permet de les anticiper et de préparer l'intervention.

6 Une formation est-elle nécessaire, et comment le système tient-il dans la durée malgré le turnover du personnel ?

Oui, une formation est nécessaire. La simplicité d'un outil ne dispense pas d'apprendre à observer la bouche, à utiliser correctement le dispositif et à appliquer les critères d'évaluation.

La compétence du soignant se construit et s'entretient sur trois appuis complémentaires.

La formation, en présentiel ou en ligne. Le soignant apprend à inspecter la bouche : le vocabulaire, l'anatomie, les signes d'appel, la distinction entre ce qu'il peut observer et évaluer et ce qui relève du chirurgien-dentiste. Les deux formats — présentiel et modules vidéo en ligne — contiennent les mêmes enseignements et les mêmes illustrations visuelles. Les modules en ligne sont accessibles à tout moment, ce qui permet de former les nouveaux arrivants sans dépendre d'une session planifiée — condition indispensable dans un contexte où le renouvellement des équipes est constant. Ce format en ligne évite par ailleurs à l'établissement d'avoir à libérer plusieurs soignants simultanément pour une session groupée, contrainte régulièrement identifiée comme un obstacle à la participation aux formations.

Les photographies antérieures comme référence. Avant d'évaluer l'état bucco-dentaire d'un résident, le soignant consulte et compare ses propres photographies précédentes. Chaque évaluation se lit ainsi à la lumière des précédentes : le soignant juge une évolution, pas un état isolé. Cette relecture prolonge la formation par la pratique — le soignant apprend en observant ses propres images dans le temps.

Le retour du dentiste. Chaque avis rendu en téléexpertise revient au soignant à l'origine de la demande. Ce retour affine progressivement son regard pour les évaluations suivantes, et donne à voir que son travail d'observation est utilisé, considéré et intégré à une décision — ressort essentiel de l'engagement dans la durée. La formation initiale se poursuit ainsi de manière continue, au fil des situations rencontrées.

Au-delà de la formation elle-même, la continuité de la démarche est portée par l'outil : le dispositif est identique pour tous, les prises de vue sont standardisées, et l'application guide chaque évaluateur pas à pas au fil des étapes de l'examen. Un soignant qui vient d'être formé peut ainsi réaliser une évaluation exploitable dès sa première utilisation.

Le système est par ailleurs conçu pour être utilisé par plusieurs soignants au sein d'un même établissement, et non par une seule personne référente. Cette répartition évite qu'un départ n'interrompe la démarche, et permet d'adapter le déploiement à la taille de la structure : dans un grand établissement, plusieurs boîtes de dispositifs peuvent équiper plusieurs unités simultanément ; dans une petite structure, la même organisation vaut à une échelle plus resserrée.

L'établissement conserve la responsabilité d'organiser la transmission des compétences et d'identifier les professionnels chargés des évaluations.

7 À quels moments l'évaluation doit-elle être réalisée ?

Le système propose quatre moments clés d'évaluation, articulés à la vie clinique du résident plutôt qu'à un calendrier uniforme.

À l'admission. Une évaluation initiale documente la situation orale de la personne dès son entrée dans l'établissement. Elle constitue la référence à partir de laquelle toute évolution ultérieure pourra être appréciée et transmise, notamment lorsque le résident n'est plus en mesure de décrire lui-même son état bucco-dentaire.

En cas de plainte ou de signe d'appel. Une douleur exprimée, un refus alimentaire, une modification du comportement, une prothèse qui ne tient plus, un saignement observé lors des soins d'hygiène : toute manifestation susceptible d'être d'origine orale doit pouvoir donner lieu à une évaluation, avec ou sans demande de téléexpertise en fonction de la nécessité.

Au retour d'une hospitalisation ou après une chute. Ces événements sont fréquemment associés à des modifications de la situation orale — prothèse égarée, dent fracturée, changement de traitement retentissant sur la sphère buccale, dégradation de l'hygiène pendant le séjour. Une réévaluation au retour permet de repartir sur une base actualisée.

Lors des contrôles périodiques. Le rythme des évaluations de contrôle est adapté à la situation de chaque personne à partir des évaluations précédentes. Un état satisfaisant appelle un contrôle plus espacé qu'une situation identifiée comme à surveiller. Cette modulation évite une charge uniforme sur les équipes tout en concentrant l'effort là où il est utile. L'application propose un classique 3, 6 ou 12 mois à notifier.

8 Que signifie réellement « suivre » la santé orale ?

Le suivi ne consiste pas à refaire périodiquement des photographies. Il consiste à mettre en relation les évaluations successives et leur documentation photographique, afin d'identifier une évolution, de vérifier un élément précédemment signalé et, lorsque nécessaire, de solliciter une nouvelle expertise. L'évaluation Odontoscope® distingue à cet effet deux chapitres : l'état bucco-dentaire d'une part, l'hygiène bucco-dentaire d'autre part. Chacun de ces chapitres appelle ses propres décisions et son propre processus de vérification. Ainsi, l'hygiène n'est pas traitée comme un sous-produit de l'évaluation clinique. Elle est évaluée à part entière, avec quatre issues décisionnelles : satisfaisant, à améliorer, à prendre en charge, non évaluable.

Cette distinction est essentielle, car elle oriente la réponse en fonction du degré d'autonomie du résident. Une hygiène jugée à améliorer signifie avant tout une amélioration à porter par le patient lui-même, lorsqu'il conserve une autonomie vis-à-vis de son hygiène orale — accompagnement à la technique de brossage, rappel des gestes, adaptation du matériel. Une hygiène jugée à prendre en charge déclenche une révision du protocole de toilette buccale par le personnel de soins, chez le patient non autonome — aide au brossage, entretien des prothèses, soins de la langue et des muqueuses. Dans les deux cas, la réponse relève d'abord du personnel de soins et non d'une orientation systématique vers le dentiste. Le suivi photographique permet ensuite de vérifier, à la réévaluation suivante, si la mesure prise a produit un effet.

Ce qui produit l'évolution des pratiques n'est pas la surveillance périodique en elle-même, mais l'articulation observation → évaluation → décision documentée → vérification.

9 Odontoscope® améliore-t-il à lui seul la santé bucco-dentaire ?

Non. Odontoscope® n'effectue ni les soins d'hygiène réalisés par le personnel de soins, ni les soins dentaires réalisés par le chirurgien-dentiste. Sa fonction est de structurer l'observation, l'évaluation, la téléexpertise et le suivi. Il contribue ainsi à ce que les situations orales soient mieux documentées et puissent donner lieu à une conduite adaptée. De la même manière, les dispositifs mobiles — unités dentaires embarquées, équipes soignantes itinérantes, infirmiers mutualisés entre plusieurs établissements — apportent une offre de soins et un accompagnement qui complètent le suivi assuré au sein de l'établissement. Odontoscope® opère à un autre niveau : il inscrit l'évaluation et la téléexpertise dans le quotidien de l'institution, au contact du résident, sans déplacement et sans dépendre d'un calendrier de passage. Les deux logiques sont complémentaires : un dispositif mobile de soins gagne à intervenir sur des situations déjà documentées et priorisées, tandis qu'un suivi permanent gagne à disposer d'un relais de soins accessible.

10 Sur quel modèle économique repose le système ?

Le modèle Odontoscope® est volontairement simple, transparent et adossé à des actes réels.

Le dispositif physique. L'odontoscope — miroir intra-oral avec écarteur — est vendu aux institutions au prix de 25 € TTC l'unité, par boîtes de 10, avec un minimum de deux boîtes à la commande. Il est réutilisable par un même résident, à la manière d'une brosse à dents personnelle. L'institution peut choisir de le refacturer au résident ou de l'intégrer à son propre équipement. Un établissement peut donc, dans une première formule, se limiter à l'acquisition des dispositifs seuls, dans le but d'améliorer immédiatement la qualité de l'observation intra-orale par ses équipes.

L'application. L'accès à l'application, qui structure l'évaluation, la documentation photographique, la téléexpertise et le suivi, est proposé pour un montant forfaitaire de 360 € par an, quel que soit le nombre de résidents évalués. Il n'existe pas de forfait par résident, ni de facturation déclenchée par la simple inscription administrative d'une personne.

La téléexpertise. La téléexpertise n'est jamais facturée par Odontoscope®. Si l'institution ne dispose pas d'un ou de dentistes partenaires, Odontoscope® s'engage à répondre à toute demande d'avis dans un délai de 48 heures, sans aucun coût supplémentaire. Si l'institution s'appuie sur un ou plusieurs chirurgiens-dentistes partenaires — dentiste traitant des résidents, cabinet référent, praticien hospitalier — ce sont eux qui répondent aux demandes de téléexpertise. En France, cet acte fait alors l'objet d'un tarif conventionné pris en charge par la Sécurité sociale à hauteur de 20 €.

Ce modèle vise à découpler le coût du dispositif de l'intensité d'usage : une institution qui monte progressivement en charge, ou qui traverse une période de tension en personnel, n'est pas pénalisée financièrement.

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